Boris Cherny, l'ingénieur d'Anthropic à l'origine de Claude Code, a publiquement déclaré la fin du prompting manuel dans son propre flux de travail, et ses collègues lui emboîtent le pas. Dans une série d'entretiens et une vidéo virale qui circule sur X cette semaine, avec plus de 870 publications en onze heures, Cherny explique qu'il passe désormais ses journées à écrire des boucles qui s'occupent de prompter Claude à sa place, pendant que des centaines d'agents travaillent toute la nuit pour son compte.
Points clés
- Boris Cherny : "Je ne prompte plus Claude. J'écris des boucles, et les boucles font le travail. Mon métier, c'est d'écrire des boucles."
- 100 % des pull requests chez Anthropic passent désormais par Claude Code, selon Cherny.
- Anthropic a récemment supprimé environ la moitié du system prompt de Claude Code après les dernières mises à jour de modèle, signe que les nouveaux modèles ont besoin de moins d'encadrement.
- Cherny fait tourner personnellement cinq instances de Claude Code en terminal en parallèle, plus cinq à dix sessions supplémentaires sur claude.ai/code, avec des boucles récurrentes comme
babysit-prs,post-merge-sweeperetpr-prunerdéclenchées toutes les cinq, trente et soixante minutes. - Il indique que ses orchestrations nocturnes font régulièrement tourner "des centaines, parfois des milliers d'agents" pendant cinq à vingt heures chacun.
Détails
Cette évolution est en train d'être formalisée sous un nouveau terme : le Loop Engineering — un flux de travail dans lequel le livrable principal du développeur n'est ni le code ni même les prompts, mais la boucle agentique qui décide quand, comment et sur quoi un agent de codage IA doit travailler ensuite. Dans un entretien récent avec The New Stack, Cherny décrit cette discipline comme l'évolution naturelle du prompt engineering, dès lors que les modèles deviennent suffisamment fiables pour se vérifier eux-mêmes.
Le fil publié par Cherny en janvier 2026 pour décrire son flux de travail est devenu viral, totalisant des millions de vues et inspirant howborisusesclaudecode.com, une référence communautaire qui documente ses patterns. Parmi les pratiques recensées : il utilise Opus 4.5 puis 4.7 et 4.8 avec le mode thinking sur chaque tâche, choisit par défaut un niveau de raisonnement xhigh et réserve max effort aux sessions de débogage les plus difficiles. Plutôt que de corriger Claude dans la conversation, il écrit les erreurs dans un fichier partagé CLAUDE.md versionné dans git, de sorte que chaque exécution future bénéficie de la correction — un pattern compounding que son équipe appelle mémoire par dépôt.
La commande /loop, couplée à /goal pour les conditions d'arrêt, est désormais centrale. Parmi les boucles récurrentes typiques chez Anthropic :
5m /babysit— corriger automatiquement les builds en échec et traiter les commentaires de revue sur les PR ouvertes.30m /slack-feedback— ouvrir de nouvelles PR à partir des retours déposés dans les canaux Slack de l'équipe.1h /pr-pruner— fermer automatiquement les pull requests obsolètes ou en doublon.
Impact
Les chiffres avancés sont frappants. Cherny a confié à Platformer que Claude Code lui-même "est écrit à 100 % par Claude Code depuis plus de six mois", et que les données internes d'Anthropic montrent une augmentation de la productivité par ingénieur d'environ 70 % depuis que le flux de travail piloté par les boucles est devenu standard. Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, a déclaré séparément qu'environ 90 % du code du produit Claude est désormais écrit par l'IA.
Pour le reste du secteur, la conséquence est que le goulot d'étranglement se déplace vers l'amont. Écrire le prompt suivant n'est plus la compétence rare ; concevoir une boucle bien bornée, avec des points de vérification clairs, des étapes idempotentes et une condition d'arrêt sûre, oui. Cherny estime que cela change le rôle lui-même : "Je pense qu'on va commencer à voir le titre d'ingénieur logiciel disparaître. Il deviendra peut-être builder, peut-être product manager."
Contexte
Anthropic a lancé Claude Code début 2025 comme un outil de codage agentique pensé terminal-first. Il est rapidement devenu le produit de codage assisté par IA à la croissance la plus rapide du marché, porté par des fonctionnalités comme le mode plan, les intégrations MCP, les boucles cron via /loop, les sous-agents personnalisés, et une variante cloud managée qui exécute les sessions dans des bacs à sable isolés. Plus tôt cette année, Anthropic a ajouté des sous-agents parallèles orchestrés via une API de workflow dynamique en preview, fondation des boucles multi-agents sur lesquelles Cherny s'appuie aujourd'hui.
Cette bascule reflète une tendance plus large chez les laboratoires de pointe. Le Codex CLI d'OpenAI et GitHub Copilot ont introduit ces derniers mois leurs propres modes d'agents asynchrones et longue durée, et Cursor a livré ses Cloud Agents en début d'année. Les boucles de vérification, les git worktrees et les exécutions nocturnes deviennent la norme plutôt que l'exception pour les ingénieurs qui travaillent sur de grandes bases de code.
Et ensuite ?
Cherny a laissé entendre qu'Anthropic continuera d'investir dans les primitives de boucle, avec une intégration plus profonde entre /loop, /goal, les skills personnalisés et la nouvelle API de workflow dynamique. Attendez-vous à voir un support natif accru pour les harnais de vérification — bash, tests, simulateurs, drivers de navigateur — directement intégrés à Claude Code, puisque Cherny attribue à la vérification seule un gain de qualité de deux à trois fois sur les exécutions autonomes.
Pour les équipes logicielles MENA, où la capacité d'ingénierie est souvent le goulot d'étranglement face à des feuilles de route ambitieuses, le Loop Engineering ouvre une voie pour comprimer le cycle de PR typique de plusieurs jours à quelques heures. L'outillage est déjà suffisamment mature pour être adopté aujourd'hui ; reste le basculement culturel : passer de la surveillance des agents à la conception des boucles qui se surveillent elles-mêmes.
Source : The New Stack — Loop Engineering