La plupart des salariés qui quittent un emploi en Arabie Saoudite partent sans connaître le montant exact qui leur est dû. La liste des droits est longue — indemnité de fin de service, congés non pris, heures supplémentaires, compensation pour licenciement abusif — et chaque droit se calcule avec une formule différente issue du Code du travail saoudien.
La Calculatrice du Travail (الحاسبة العمالية) est un service électronique gratuit publié par le ministère de la Justice. Vous saisissez les dates de votre contrat et votre salaire de base ; elle vous retourne cinq montants, chacun dérivé de l'article légal correspondant. Ce guide explique chaque formule, les pièges courants dans les équipes RH, et comment vérifier le résultat par vous-même.
Ce que calcule la Calculatrice du Travail saoudienne
L'outil couvre cinq catégories distinctes de droits :
- Indemnité de fin de service (Articles 84 et 85)
- Indemnité de congés annuels (Articles 109 et 111)
- Majoration pour heures supplémentaires (Article 98)
- Compensation pour licenciement abusif (Article 77)
- Salaires impayés (montants documentés non versés)
La calculatrice est disponible gratuitement sur le portail du ministère de la Justice et le Portail national. Comprendre les formules appliquées est essentiel pour trois raisons pratiques : vérifier une offre avant de signer, suivre les provisions qui s'accumulent pendant le contrat, et contester un chiffre qui semble inexact.
Droit 1 : Indemnité de fin de service — Articles 84 et 85
"Indemnité de fin de service" désigne la principale obligation financière qui s'accumule en silence tout au long des années de service. Elle se calcule à partir du salaire de base uniquement, pas du package total incluant les indemnités de logement et de transport.
Quand l'employeur résilie (Article 84)
| Durée de service | Taux d'indemnité |
|---|---|
| Jusqu'à 5 ans | Un demi-mois de salaire de base par an |
| Au-delà de 5 ans | Un mois complet de salaire de base par an |
Exemple : Un salarié avec 7 ans d'ancienneté au salaire de base de 5 000 SAR, licencié par l'employeur :
- 5 premières années : 5 × (5 000 ÷ 2) = 12 500 SAR
- 2 années suivantes : 2 × 5 000 = 10 000 SAR
- Total : 22 500 SAR
Quand le salarié démissionne (Article 85)
La démission ne supprime pas le droit après deux ans de service :
| Durée de service à la démission | Proportion de l'indemnité due |
|---|---|
| Moins de 2 ans | Aucune |
| De 2 à moins de 5 ans | Un tiers |
| De 5 à moins de 10 ans | Deux tiers |
| 10 ans ou plus | Indemnité complète |
Droit 2 : Indemnité de congés annuels — Articles 109 et 111
Taux d'accumulation des congés
| Durée de service | Congés annuels |
|---|---|
| Moins de 5 ans | 21 jours calendaires par an |
| 5 ans ou plus | 30 jours calendaires par an |
Le passage de 21 à 30 jours ne s'effectue pas en une seule étape au cinquième anniversaire. Le nouveau taux journalier commence à courir dès le premier jour de la sixième année.
Valeur journalière du congé
Valeur journalière = salaire de base ÷ 30
Exemple : Un salarié au salaire de base de 6 000 SAR, dont le contrat prend fin après 3 ans et demi avec 28 jours de congés non pris :
- Valeur journalière : 6 000 ÷ 30 = 200 SAR
- Indemnité de congés : 28 × 200 = 5 600 SAR
Droit 3 : Heures supplémentaires — Article 98
Les heures supplémentaires sont rémunérées à 150 % du taux horaire normal :
Taux horaire normal = salaire de base ÷ heures travaillées par mois
Sur la base standard de 8 heures par jour et 26 jours ouvrés par mois (208 heures/mois) :
Taux heure supplémentaire = (salaire de base ÷ 208) × 1,5
Exemple : Un salarié au salaire de base de 8 000 SAR ayant travaillé 12 heures supplémentaires dans le mois :
- Taux horaire normal : 8 000 ÷ 208 = 38,46 SAR
- Taux heure supplémentaire : 38,46 × 1,5 = 57,69 SAR
- Montant mensuel : 12 × 57,69 = 692 SAR
Pour les heures effectuées les jours de repos officiels ou les jours fériés (Article 107), la compensation minimale est une journée complète de salaire en plus du taux normal. Ce cas de figure doit être suivi séparément.
Droit 4 : Compensation pour licenciement abusif — Article 77
Si un employeur résilie le contrat sans motif légitime, ou si un salarié démissionne en raison d'une violation des obligations contractuelles par l'employeur, l'Article 77 lui ouvre droit à :
Compensation = 2 mois de salaire par année de service
Le minimum est de 2 mois complets de salaire, quelle que soit la durée du contrat. Cette compensation est additive — elle s'ajoute à l'indemnité de fin de service sans la remplacer.
Exemple : Un salarié licencié sans cause après 4 ans de service au salaire de base de 5 000 SAR :
- Compensation Article 77 : 5 000 × 2 × 4 = 40 000 SAR
- Plus l'indemnité de fin de service selon l'Article 84 en sus
Droit 5 : Salaires impayés
Cette catégorie couvre tous les montants convenus et documentés qui n'ont pas été versés : mensualités différées, commissions documentées, indemnités prévues au contrat. La calculatrice inscrit directement le montant saisi par l'utilisateur — aucune formule n'est appliquée. Les tribunaux exigent des preuves documentaires (bulletins de salaire, clauses contractuelles, relevés bancaires) pour accepter une réclamation de salaires impayés.
Les erreurs les plus courantes dans le calcul des droits
Erreur 1 — Confusion entre salaire de base et package total
Les cinq droits se calculent sur le salaire de base, pas sur le salaire brut incluant les indemnités de logement et de transport. Une entreprise qui applique le calcul d'indemnité sur 9 000 SAR au lieu de 6 000 SAR de salaire de base surpaye de 50 % ; celle qui fait l'inverse sous-paye le salarié du même montant.
Erreur 2 — Ignorer les fractions d'années de service
Un contrat terminé après 3 ans et 8 mois génère une indemnité sur les 8 mois au prorata : (8 ÷ 12) du taux annuel, pas zéro. La calculatrice utilise les dates réelles de début et de fin et traite ce calcul automatiquement.
Erreur 3 — Soumettre les salaires WPS sans réconcilier les heures supplémentaires
Le moteur de rapprochement de Mudad compare le fichier soumis aux heures de travail enregistrées. Un employeur qui dépose les salaires de base corrects via WPS mais omet les différentiels d'heures supplémentaires accumule un passif croissant qui se matérialise à la fin de chaque contrat.
Erreur 4 — Ne pas mettre à jour le salaire de base après une augmentation
"Indemnité de fin de service" est calculée sur le dernier salaire de base avant la rupture. Un salarié ayant reçu une augmentation lors de sa dernière année a droit à une indemnité calculée sur le nouveau taux, appliqué à toute sa durée de service. La jurisprudence saoudienne le confirme de manière constante.
Calculez vos droits maintenant
Le calculateur gratuit de droits du travail saoudien accepte la date de début, la date de fin, le motif de rupture du contrat et le salaire de base. Il retourne les cinq montants en quelques secondes, avec un détail par article légal.
Pour une vue d'ensemble de la conformité RH saoudienne — intégration Qiwa, seuils Nitaqat et flux de données salariés — consultez Intégration Qiwa pour les systèmes RH et Nitaqat et Intégration Mudad avec le système WPS.
Si le calculateur retourne un montant différent de ce que votre employeur a proposé, la première étape est d'identifier lequel des cinq droits diverge et de combien. L'équipe Noqta propose une révision ligne par ligne du contrat et un audit des droits. Contactez-nous pour un diagnostic gratuit.