Article 77 saoudien : comment l'indemnité se calcule vraiment
Cherchez l'article 77 du droit du travail saoudien et vous trouverez page après page le même texte reproduit. Le texte n'est pas le problème — il est publié et librement accessible. Le problème, c'est que le montant produit par votre système RH ne correspond pas à celui que la justice du travail accorde, et l'écart se creuse en quatre endroits précis dont personne ne parle.
Cet article n'explique pas l'article 77. Il explique comment l'article 77 devient un montant en riyals, et où le système se trompe en chemin.
Le texte après le décret royal M/46
L'article 77 a été modifié par le décret royal n° (M/46) du 5/6/1436H. Sa rédaction en vigueur aujourd'hui est la suivante :
Sauf si le contrat prévoit une indemnité déterminée en cas de rupture par l'une des parties pour un motif illégitime, la partie lésée par la rupture a droit à une indemnité comme suit :
- Le salaire de quinze jours par année de service du travailleur, si le contrat est à durée indéterminée.
- Le salaire de la période restante du contrat, si le contrat est à durée déterminée.
- L'indemnité ne peut, dans les deux cas, être inférieure au salaire de deux mois du travailleur.
Les expressions décisives sont « l'une des parties » et « la partie lésée ». Avant la modification de 1436H, l'article ne jouait que dans un sens : il obligeait l'employeur envers le travailleur. Depuis, il est réciproque — un salarié qui abandonne un contrat à durée déterminée avant son terme sans motif légitime peut lui aussi être poursuivi en indemnité, sur la même base.
Ce n'est pas un détail théorique. Un grand nombre de pages publiées à ce jour reprennent encore la rédaction antérieure, « par l'employeur… le travailleur a droit ». Si votre modèle de contrat ou la règle de votre système repose sur cette rédaction, il repose sur un texte abrogé depuis plus de dix ans.
La règle qui dispense du calcul : sous quatre ans, la réponse est deux mois
Les paragraphes (1) et (3) interagissent selon un résultat arithmétique catégorique, rarement énoncé tel quel.
Quinze jours par année n'atteignent deux mois qu'au bout de quatre années pleines :
| Années de service | Résultat de la formule (15 j/an) | Plancher (deux mois) | Réellement dû |
|---|---|---|---|
| 1 an | 15 jours | 60 jours | 60 jours |
| 2 ans | 30 jours | 60 jours | 60 jours |
| 3 ans | 45 jours | 60 jours | 60 jours |
| 4 ans | 60 jours | 60 jours | 60 jours — point d'équilibre |
| 6 ans | 90 jours | 60 jours | 90 jours |
| 10 ans | 150 jours | 60 jours | 150 jours |
En pratique : pour tout contrat à durée indéterminée dont l'ancienneté est inférieure à quatre ans, le résultat de la formule n'a aucun sens — c'est le plancher qui est dû, à chaque fois.
C'est aussi le cas majoritaire sur ce marché. Tout système qui affiche « 15 × nombre d'années » sans appliquer ensuite le plancher sous-évalue le montant dans tous les dossiers de moins de quatre ans, c'est-à-dire la plupart d'entre eux.
Un exemple réel : un salarié de 3,17 années d'ancienneté au salaire de 4 000 SAR. La formule donne 15 × 3,17 = 47,5 jours, soit environ 6 333 SAR. Le plancher donne deux mois, soit 8 000 SAR. L'écart de 1 667 SAR joue en faveur du salarié, et il apparaît devant le tribunal, pas sur le bulletin de paie.
Le salaire réel, et non le salaire de base
L'article 77 dit « salaire », sans qualificatif. Or les définitions du droit du travail distinguent le salaire de base du salaire réel — ce dernier étant le salaire de base augmenté des indemnités et primes versées au travailleur. Là où la loi dit « salaire » sans le restreindre au salaire de base, c'est le dernier salaire réel qui compte, et non le chiffre inscrit dans la case « salaire de base » du contrat.
C'est là que se loge la plus grande erreur systématique, parce qu'elle est structurelle et non due à la saisie : la base de données comporte une colonne nommée basic_salary, la formule est écrite dessus, et personne n'y revient.
Dans la structure de rémunération saoudienne courante, l'indemnité de logement représente 25 % du salaire de base et celle de transport 10 %. Le salaire réel dépasse donc le salaire de base d'environ 35 % :
| Composante | Montant |
|---|---|
| Salaire de base | 10 000 SAR |
| Indemnité de logement (25 %) | 2 500 SAR |
| Indemnité de transport (10 %) | 1 000 SAR |
| Salaire réel | 13 500 SAR |
Indemnité de l'article 77 pour six années de service : sur la base, 30 000 SAR. Sur le réel, 40 500 SAR. Un écart de 10 500 SAR sur un seul dossier — multipliez par cent salariés pour mesurer la provision absente du budget.
La règle opérationnelle : auditez le champ que lit votre formule d'indemnité, et non la formule elle-même. Dans la plupart des systèmes que nous avons examinés, la formule est correcte ; c'est son entrée qui ne l'est pas.
Contrats à durée déterminée : une indemnité sans plafond
Le paragraphe (2) est celui qui crée le risque réel, et c'est le moins commenté.
Dans un contrat à durée déterminée, l'indemnité n'est pas de 15 jours par année. C'est le salaire de toute la période restante. Sans plafond.
Un contrat de trois ans rompu au cours de son deuxième mois sans motif légitime ouvre droit à trente-quatre mois de salaire. Calculé sur la règle des contrats à durée indéterminée, le même dossier donnerait environ cinq jours. L'écart entre ces deux chiffres n'est pas un pourcentage : ce sont deux ordres de grandeur.
D'où l'insuffisance d'un champ unique nommé « indemnité » dans le système. Le type de contrat change entièrement la formule ; il n'ajuste pas un coefficient à l'intérieur. Le plancher de deux mois s'applique ici aussi : un contrat à durée déterminée rompu quinze jours avant son terme doit deux mois, et non deux semaines.
Et n'oubliez pas l'article 55 : le contrat à durée déterminée d'un salarié saoudien se transforme en contrat à durée indéterminée dès qu'il a été renouvelé trois fois consécutives ou que sa durée atteint quatre ans, selon ce qui survient en premier. La branche de calcul change à cet instant sans que personne ne signe quoi que ce soit. Nous avons détaillé cette conversion dans l'article 74 et les sept façons dont un contrat prend fin.
La clause qui prime sur tout ce qui précède
Les premiers mots sont : « Sauf si le contrat prévoit une indemnité déterminée en cas de rupture… ».
Autrement dit, si le contrat fixe un montant d'indemnité, c'est ce montant qui s'applique, et non la formule légale. Beaucoup de contrats de travail dans le Royaume comportent une telle clause, recopiée d'un modèle sans considération de son effet.
La première étape dans tout dossier de rupture n'est donc pas d'ouvrir le calculateur — c'est de lire le contrat. La formule légale est supplétive : elle ne joue que dans le silence du contrat. Un système qui applique automatiquement la formule légale à tous les salariés ignore une stipulation contractuelle qui lui est supérieure.
Ce qui s'ajoute à l'indemnité de l'article 77
L'indemnité de l'article 77 est une ligne autonome qui s'ajoute ; elle ne remplace rien. Un solde de tout compte en cas de rupture illégitime se compose de droits parallèles :
| Droit | Fondement | S'ajoute ? |
|---|---|---|
| Indemnité de rupture illégitime | Article 77 | La ligne de base |
| Indemnité de fin de service | Articles 84 et 85 | Oui — intégralement |
| Indemnité compensatrice de préavis | Articles 75 et 76 | Oui — à défaut de préavis |
| Solde de congés acquis | Articles 109 et 111 | Oui |
| Salaires impayés documentés | — | Oui |
L'erreur courante va dans l'autre sens : supposer que l'article 77 est une alternative à l'indemnité de fin de service, et ne verser que le plus élevé des deux. Ce n'est pas le cas. Les deux sont dus, au titre de deux dispositions distinctes.
Notez également qu'un licenciement qui sort du champ de l'article 80 n'en est pas affaibli : il bascule vers l'article 77 avec tout son effet financier, ce que nous exposons dans les articles 80 et 81 et la charge de la preuve.
Ce que votre système doit enregistrer
À l'issue d'audits de systèmes RH en production, voici les champs dont l'absence fait produire au système un montant erroné :
- Le type de contrat comme valeur discrète (déterminée ou indéterminée), et non en texte libre — il sélectionne la formule plutôt que de l'ajuster.
- La date de fin contractuelle, stockée même sur les contrats à durée indéterminée, pour calculer la période restante après une conversion.
- Un compteur de renouvellements et la durée totale de service, afin de détecter la conversion de l'article 55 au moment où elle se produit.
- Le salaire réel comme champ dérivé du salaire de base et des indemnités, et non le salaire de base seul.
- Une référence à la clause contractuelle d'indemnité lorsque le contrat en comporte une, avec son montant.
- La partie qui a rompu le contrat, puisque l'article est devenu réciproque après M/46.
Les trois derniers sont ceux qui manquent habituellement. Et lorsqu'ils manquent, le système ne tombe pas en panne : il produit un chiffre plausible, ce qui est pire qu'une défaillance visible, car personne ne le vérifie avant le dépôt de la réclamation.
Calculez le montant sur les mêmes règles
Le calculateur gratuit des droits du travail saoudien applique le plancher de deux mois après la formule, et sépare l'indemnité de fin de service de l'indemnité de l'article 77 au lieu de les fondre en un seul chiffre. Saisissez les dates de service et le motif de rupture pour voir les droits ventilés, chacun sous son article.
Pour comparer les cinq droits ensemble, consultez le guide du calculateur des droits du travail saoudien.
Votre chiffre est-il juste ?
Si votre système calcule l'indemnité de rupture à partir du champ « salaire de base », ou affiche le résultat de la formule sans appliquer ensuite le plancher, les montants versés dans vos derniers soldes de tout compte sont inférieurs à ce qui est dû — et l'écart n'apparaît qu'à l'audience.
Reprenez vos dix derniers soldes de tout compte et confrontez chaque chiffre aux quatre règles ci-dessus. Si vous préférez auditer la logique de calcul de votre système plutôt que les dossiers un par un, contactez-nous pour une session de diagnostic sur la couche de calcul : quel champ la formule lit, et où les branches se perdent.
Sources : droit du travail saoudien, article 77 tel que modifié par le décret royal n° (M/46) du 5/6/1436H ; articles 55, 74, 75, 76, 80, 84, 85, 109 et 111 du même texte.