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● Blog3 nov. 2026·6 min

Amendes du travail en Arabie saoudite : barème 2026 et -80 %

Barème des infractions au Code du travail saoudien (décision 112377) : amendes selon l'effectif, 300 SAR par salarié payé en retard, et -80 % sous 90 jours.

Un établissement de 35 salariés reçoit la visite d'un inspecteur du ministère. Six salariés ont été payés en retard. Le fichier WPS d'un mois n'a jamais été déposé. Deux passeports dorment dans un tiroir des RH. Huit contrats n'ont jamais été authentifiés sur Qiwa. Combien coûte l'addition ?

Avant février 2026, on vous aurait cité des montants comme 3 000 SAR par salarié payé en retard. Ce chiffre n'est plus le bon. Le ministre des Ressources humaines a pris la décision ministérielle n° 112377 du 21/8/1447H (9 février 2026), publiée sur le site du ministère le 25 février 2026. Elle remplace le barème des infractions et sanctions du Code du travail et de son règlement d'application. Quelques semaines plus tôt, la décision ministérielle n° 93442 du 1/7/1447H a ouvert une réduction de 80 % des amendes, sous conditions précises.

La plupart des pages qui se classent aujourd'hui sur ce sujet citent encore l'ancien barème, ou évoquent la réduction sans ses conditions. Nous avons lu les deux décisions dans les versions publiées par le ministère. Voici ce qu'elles disent.

L'effectif fixe l'amende : trois catégories d'établissements

Le barème général répartit les établissements en trois catégories, et chaque infraction porte trois montants :

CatégorieEffectif
Catégorie C (ج)20 salariés ou moins
Catégorie B (ب)de 21 à 49 salariés
Catégorie A (أ)50 salariés ou plus

Le détail qui compte figure à l'article Deux de la décision : la catégorie est déterminée par l'effectif total de l'établissement enregistré auprès du ministère sous le numéro unifié dont il relève. Si vous détenez trois registres de commerce sous un même numéro unifié, chacun avec 15 salariés, vous n'êtes pas en catégorie C. Vous êtes en catégorie B, car l'effectif s'additionne sur le numéro unifié, pas registre par registre.

Le barème classe aussi chaque infraction en « grave » ou « non grave », et la plupart des amendes se multiplient par le nombre de salariés. C'est cette mention qui fabrique les grosses factures : une amende de 500 SAR devient 4 000 SAR quand l'infraction touche huit salariés.

Les infractions que les établissements commettent tous les jours

Extrait de la catégorie (A), « infractions générales pour toutes les activités », avec les numéros d'items de la décision 112377. Montants en riyals saoudiens.

ItemInfractionClasseCat. CCat. BCat. AMultipliée par
39Salaires non versés à échéance sur les comptes bancaires, ou retenus sans titre judiciaireGrave300300300salariés
40Fichier WPS non déposé chaque mois, ou taux de conformité requis non atteintGrave5001 0002 000non
34Contrats des salariés non authentifiés électroniquementGrave3005001 000salariés
31Conservation du passeport ou de l'iqama du salariéGrave1 0002 0003 000salariés
36Salaire et solde de tout compte non réglés dans la semaine suivant la fin du contrat, ou deux semaines si le salarié y a mis finNon grave1 0002 0003 000salariés
37Certificat de travail non remis, ou documents non restitués, en fin de contratNon grave1 0002 0003 000salariés
41Repos hebdomadaire non accordé, heures au-delà de l'article 98 sans heures supplémentaires, ou pauses quotidiennes non respectéesNon grave1 0002 0003 000salariés
42Congés légaux non accordésNon grave1 0002 0003 000salariés
27Règlement intérieur non approuvé par le ministère ou non porté à la connaissance des salariésNon grave3005001 000non
25Arabe non utilisé dans les contrats, registres et instructionsNon grave3005001 000non
30Quotas de saoudisation fixés par décision ministérielle non respectésGrave2 0004 0006 000non-Saoudiens au-delà du quota
33Déclarer un Saoudien comme salarié sans relation de travail réelleGrave5 0008 00015 000personnes déclarées
20Employer un non-Saoudien sans permis de travailGrave10 00010 00010 000salariés
21Laisser un non-Saoudien exercer un autre métier que celui inscrit sur son permisNon grave3 0005 00010 000salariés
23Ne pas faciliter le travail des inspecteurs, ou ne pas coopérer avec euxGrave10 00010 00010 000non

Trois choses que ce tableau dit et que la presse ne dit pas :

  1. L'amende pour retard de salaire est tombée à 300 SAR par salarié, dans les trois catégories. Dans l'ancien barème (décision 4786 du 28/12/1436H, item 20), elle était de 3 000 SAR par salarié. La baisse est réelle, mais payer en retard n'est pas devenu bon marché : les sanctions WPS sur Mudad, de la suspension des services au transfert du salarié sans votre accord, suivent une voie distincte de ce barème. Nous les avons détaillées dans Retard de salaire : le fichier compte.
  2. L'item 40 ne se multiplie pas par salarié. C'est une amende unique pour le fichier, selon la catégorie. L'item 39, lui, se multiplie. Un mois sans fichier et vingt salaires en retard dans un établissement de catégorie B, c'est deux items : 1 000 SAR pour le fichier et 6 000 SAR pour les salaires.
  3. Les amendes les plus lourdes ne portent pas sur les salaires. Employer un salarié sans permis de travail coûte 10 000 SAR par salarié dans toutes les catégories, et la saoudisation fictive monte jusqu'à 15 000 SAR par personne dans ce seul barème, indépendamment de l'amende GOSI pour le même cas. Entraver un inspecteur coûte à lui seul 10 000 SAR.

La réduction de 80 % : la décision 93442 et ses six conditions

La décision ministérielle 93442 (1/7/1447H, soit le 21 décembre 2025, publiée le 25 janvier 2026) abroge la décision antérieure 75907 du 19/5/1445H et fixe les conditions d'une demande de règlement. Le texte :

  1. Une décision administrative infligeant l'une des sanctions du barème a été prise.
  2. La demande porte sur la première infraction de l'établissement.
  3. La demande est déposée dans les quatre-vingt-dix jours suivant la notification de la décision administrative.
  4. L'infraction a été supprimée et la situation de l'établissement régularisée.
  5. L'amende n'a pas été payée.
  6. Le montant de l'amende est de 1 000 SAR ou plus.

Puis l'article Deux : les amendes sont réglées pour tout établissement dont les décisions d'infraction sont prises à une même date, pour la première fois, sur chaque dossier, avec une réduction de 80 %, à condition que les critères ci-dessus soient remplis.

Trois délais qui courent en même temps

La décision 112377 fixe elle-même deux autres délais, si bien que trois horloges démarrent le jour de la notification :

DélaiSourceCe qui se passe
60 joursDécision 112377, article QuatreLe contrevenant paie l'amende dans les 60 jours suivant la notification
60 joursDécision 112377, article TroisRecours devant l'instance compétente du ministère ; le recours ne suspend pas l'amende
90 joursDécision 93442, condition 3Dépôt de la demande de règlement, amende toujours impayée

Notez le conflit pratique : le paiement est dû sous 60 jours, le règlement exige une amende impayée, et la fenêtre de règlement est de 90 jours. Aucune des deux décisions ne dit ce qu'il advient d'une demande déposée au 70e jour, après l'échéance de paiement. La lecture prudente : régularisez l'infraction et déposez la demande avant le 60e jour, sans payer tant qu'elle n'a pas été tranchée.

Ce que le texte laisse ouvert

La condition 6 dit « le montant de l'amende est de 1 000 SAR ou plus ». Elle ne précise pas si le montant s'apprécie par décision administrative, ou par salarié pour les infractions qui se multiplient. L'écart est important pour les items salaires et contrats, dont l'amende par salarié est inférieure à 1 000 SAR. Nous n'avons rien trouvé dans le texte publié qui tranche, alors interrogez le ministère avant de fonder une décision sur l'une ou l'autre lecture.

Certains articles de presse ajoutent d'autres conditions, comme le fait d'être dans la bande verte de Nitaqat. Cette condition ne figure pas dans le texte de la décision 93442 publié sur le site du ministère. Si on vous l'oppose, demandez la référence.

Exemple chiffré : l'établissement de 35 salariés

Retour à l'établissement du début. 35 salariés sur le numéro unifié, donc catégorie B. C'est sa première infraction, et toutes les décisions ont été prises le même jour.

ItemInfractionCalculAmende (SAR)
39Salaires de 6 salariés en retard6 × 3001 800
40Un mois sans fichier WPSamende unique1 000
31Deux passeports conservés2 × 2 0004 000
348 contrats non authentifiés8 × 5004 000
27Règlement intérieur non affichéamende unique500
Total avant règlement11 300

Après règlement, le résultat dépend de la lecture de la condition 6 :

  • Si le seuil s'apprécie par décision : les items 39, 40, 31 et 34 (10 800 SAR) sont éligibles et tombent à 2 160 SAR ; l'item 27 reste à 500. Total 2 660 SAR.
  • Si le seuil s'apprécie par salarié : seuls les passeports (2 000 par salarié) et le fichier WPS (1 000) sont éligibles : 5 000 SAR deviennent 1 000. Salaires, contrats et règlement intérieur restent dus en totalité : 6 300. Total 7 300 SAR.

Dans les deux cas, la condition que personne ne conteste est la quatrième : supprimer l'infraction. Pas de règlement tant que les salaires en retard ne sont pas payés, le fichier déposé, les passeports rendus et les huit contrats authentifiés sur Qiwa.

Pourquoi la même infraction revient

Regardez les items de l'exemple : salaires (39), fichier (40), contrats (34). Les trois viennent d'une même cause : les données de paie de votre système ne correspondent pas à ce que détiennent Mudad, Qiwa et la GOSI. Le contrat authentifié sur Qiwa porte un salaire, le fichier déposé sur Mudad un autre, la GOSI un troisième. L'inspecteur ne voit pas trois infractions distinctes, et l'établissement n'a pas besoin de trois corrections distinctes.

Et le règlement n'est accordé que pour la première infraction. Un établissement qui paie 20 % de son amende puis répète la même erreur six mois plus tard paiera la seconde fois l'amende entière. La vraie valeur du règlement n'est donc pas les 80 % économisés. C'est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir besoin.

Par où commencer :

Ce que nous n'avons pas confirmé

  • Les autres catégories du barème. La décision 112377 comporte des catégories pour les mines et carrières, l'exploitation et la maintenance, le recrutement, les plateformes collaboratives et les travailleurs domestiques. Cet article ne couvre que la catégorie générale. Les catégories notées ح, ط, ي et ك dans la décision et les infractions administratives sont entrées en vigueur 120 jours après la publication, et non le jour même.
  • L'amendement de mai 2026. Le 12 mai 2026, le ministère a publié une décision modifiant le barème pour le secteur de la main-d'œuvre d'appui (recrutement). Nous n'en avons pas lu le texte et ne savons pas s'il touche un item de la catégorie générale. Vérifiez-le si votre activité est le recrutement.
  • Le délai d'exécution d'un règlement accepté. La presse rapporte que le contrevenant doit exécuter la décision de règlement dans les 60 jours de sa notification, faute de quoi elle est annulée. Nous ne l'avons trouvé dans le texte d'aucune des deux décisions.

Si vous avez reçu une décision d'infraction ce mois-ci : envoyez-nous la décision et votre effectif sur le numéro unifié. Nous vous dirons quels items sont éligibles au règlement, combien de temps il reste, et quel défaut dans vos données de paie a produit l'infraction pour qu'elle ne se répète pas. Contactez-nous pour un examen rapide.

Sources : ministère des Ressources humaines et du Développement social, décision ministérielle n° 112377 du 21/8/1447H, « Barème des infractions et sanctions du Code du travail et de son règlement d'application » (24 pages, publiée le 25 février 2026) · décision ministérielle n° 93442 du 1/7/1447H, « Approbation des conditions des demandes de règlement des infractions au Code du travail figurant au barème » (publiée le 25 janvier 2026) · décision ministérielle n° 4786 du 28/12/1436H (ancien barème, pour la comparaison sur l'item salaires). Tous les chiffres ci-dessus proviennent des images des pages des deux décisions, pas de résumés.