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● Blog6 nov. 2026·6 min

Horaires de travail en Ramadan 1448 : l'article 98 saoudien

Horaires du Ramadan en Arabie saoudite : l'article 98 mot à mot, qui a droit aux six heures, la pause de l'article 101 contre six heures d'affilée, heures sup.

Chaque année, quelques jours avant le Ramadan, le ministère des Ressources humaines et du Développement social publie un rappel : dans le secteur privé, la journée de travail est de six heures. Les établissements refont alors leurs plannings dans la dernière semaine. Pourtant la règle n'est ni nouvelle ni suspendue à une annonce. Elle figure à l'article 98 du Code du travail depuis sa promulgation, avec trois autres articles qui décident de la façon dont une journée de Ramadan se construit réellement.

Le Ramadan 1448 est attendu, selon le calcul astronomique, dans la première ou la deuxième semaine de février 2027, soit dans environ trois mois. C'est le bon moment pour paramétrer le système de pointage et la paie, pas la nuit de l'observation du croissant. Ce guide s'adresse à qui gère les plannings et la paie dans un établissement saoudien : ce que dit le texte mot à mot, où se trouvent les erreurs récurrentes, et ce qu'elles coûtent.

Ce que dit l'article 98, mot à mot

Le texte tel que le ministère le publie dans sa version du Code du travail (notre traduction) :

« Le travailleur ne peut être effectivement employé plus de huit heures par jour si l'employeur adopte la norme journalière, ou plus de quarante-huit heures par semaine s'il adopte la norme hebdomadaire. Pendant le mois de Ramadan, les heures de travail effectif sont réduites pour les musulmans, de sorte qu'elles ne dépassent pas six heures par jour ou trente-six heures par semaine. »

Trois mots portent tout le poids du texte :

  • « Effectif » : la limite vise les heures réellement travaillées, pas le temps passé dans l'établissement. Les pauses en sont exclues par l'article 102.
  • « Pour les musulmans » : la réduction est un droit du travailleur musulman. La loi ne l'accorde pas aux non-musulmans, et n'interdit pas à l'employeur de la leur accorder.
  • « Par jour, ou ... par semaine » : la limite suit la norme adoptée par l'établissement. En norme journalière, le plafond est de six heures chaque jour ; en norme hebdomadaire, de trente-six heures par semaine, même si une journée dépasse six heures. Cette norme n'est pas un choix oral : c'est le champ enregistré dans votre règlement intérieur sur Qiwa.

Les salariés non musulmans : la loi se tait, votre politique décide

L'article 98 ne réduit pas les heures du travailleur non musulman : son plafond reste de huit heures par jour ou quarante-huit par semaine. Beaucoup d'établissements appliquent la journée réduite à tout le monde pour des raisons opérationnelles ; une équipe où l'un travaille six heures et son collègue de la même équipe huit n'a guère de sens. C'est une décision légitime, mais c'est la décision de l'établissement, pas celle de la loi, et elle mérite d'être écrite.

La différence n'est pas cosmétique. Si l'établissement fixe six heures pour tous puis demande à un salarié non musulman de rester deux heures de plus, ces deux heures sont-elles des heures supplémentaires payées ? Selon la loi, non : elles restent sous le plafond de huit heures. Selon ce que l'établissement a promis par écrit, la réponse peut différer. Rédigez la politique avant le Ramadan : qui elle couvre, de quelle date à quelle date, et comment sont traitées les heures au-delà.

Article 101 : pourquoi six heures d'affilée ne sont pas conformes

C'est le point que la plupart des établissements manquent. L'article 101 impose d'organiser les heures « de sorte que le travailleur ne travaille pas plus de cinq heures consécutives sans une pause pour le repos, la prière et le repas d'au moins une demi-heure à chaque fois », et qu'aucun travailleur ne reste sur le lieu de travail plus de douze heures par jour.

Le texte ne prévoit aucune exception pour le Ramadan, et nous n'en avons trouvé aucune dans les sources lues. L'arithmétique est simple : six heures consécutives dépassent cinq. Le planning courant « de 10 h à 16 h sans interruption » enfreint l'article 101 à la lettre, tout en respectant pleinement l'article 98.

L'article 102 complète le tableau : les périodes de repos, de prière et de repas « ne sont pas comptées dans les heures de travail effectif », et le travailleur n'est pas sous l'autorité de l'employeur pendant ces périodes. Une journée de Ramadan conforme ressemble donc à ceci :

ÉlémentDurée
Travail effectif (première plage)jusqu'à 5 heures
Pause repos et prièreau moins 30 minutes, hors temps de travail
Travail effectif (deuxième plage)le reste, jusqu'à 6 heures au total
Présence dans l'établissementau moins 6 h 30

Un système de pointage qui compte la présence du premier au dernier badgeage comptera la pause comme du travail. C'est faux dans les deux sens : cela gonfle les heures effectives et masque le fait que la pause n'a jamais été accordée.

La septième heure : heure supplémentaire dès la première minute après six

Chaque heure de travail effectif accomplie par un travailleur musulman au-delà de six heures par jour (ou de trente-six par semaine en norme hebdomadaire) est une heure supplémentaire payée selon l'article 107 : le salaire horaire effectif plus 50 % du salaire horaire de base. La journée ordinaire de huit heures porte donc deux heures supplémentaires par jour pendant le Ramadan. La formule et ses deux bases distinctes sont détaillées dans le guide du calcul des heures supplémentaires.

La question que le texte ne tranche pas : quel diviseur ?

Le salaire mensuel ne change pas pendant le Ramadan, mais les heures oui. Sur quel diviseur calculer le salaire horaire du Ramadan ? Il existe deux lectures, et la loi n'en retient aucune :

  • Diviseur 240 (30 jours × 8 heures) : le salaire horaire est le même qu'en dehors du Ramadan.
  • Diviseur 180 (30 jours × 6 heures) : le même salaire achète moins d'heures, donc chaque heure vaut plus, et chaque heure supplémentaire aussi.

En chiffres : un salaire de base de 6 000 SAR sans indemnités. Avec le diviseur 240, l'heure vaut 25 SAR et l'heure supplémentaire 37,50 SAR. Avec le diviseur 180, l'heure vaut 33,33 SAR et l'heure supplémentaire 50 SAR. Un tiers de plus.

Le calculateur gratuit d'heures supplémentaires propose une option « Ramadan — 180 heures » pour la seconde lecture ; laissez-la désactivée pour la première. L'important n'est pas la lecture retenue, mais d'en choisir une avant le Ramadan, de l'écrire dans la politique horaire et de l'appliquer de la même façon à tous. Un diviseur qui change d'un salarié à l'autre, c'est ce qui produit les réclamations.

La saison de l'Aïd : l'article 106 et le plafond de dix heures

Le commerce de détail a besoin d'horaires plus longs pendant les dix dernières nuits et à l'approche de l'Aïd. L'article 106 permet à l'employeur de déroger aux articles 98 et 101 dans des cas définis, dont « la préparation des saisons », à condition que le nombre de jours ne dépasse pas trente par an, et « les fêtes, saisons, occasions et travaux saisonniers fixés par décision du ministre ».

Mais l'exception a un plafond que rien ne lève : « dans aucun de ces cas, les heures de travail effectif ne peuvent dépasser dix heures par jour ou soixante heures par semaine. » L'exception relève la limite ; elle n'annule pas la rémunération. Les heures au-delà de la limite ordinaire restent des heures supplémentaires payées. Et les trente jours forment un seul crédit annuel : l'établissement qui les a consommés pour l'inventaire de fin d'année n'en a plus pour l'Aïd.

Ce que coûte l'infraction : le point 41 de la décision 112377

Le barème des infractions et sanctions fixé par la décision ministérielle 112377 regroupe sous le point 41 trois infractions qui surviennent précisément pendant le Ramadan : absence de repos hebdomadaire, emploi au-delà des heures de l'article 98 sans rémunération des heures supplémentaires, et non-respect des pauses quotidiennes. L'amende est de 1 000 SAR pour un établissement de catégorie C, 2 000 SAR pour la catégorie B et 3 000 SAR pour la catégorie A, multipliée par le nombre de travailleurs. Les catégories et leur mode de calcul sont expliqués dans le guide du barème des infractions.

Exemple : un magasin de trente salariés

Un établissement de commerce compte 30 salariés sous son numéro unifié : il est donc en catégorie B. Vingt-deux d'entre eux sont musulmans. Il a gardé la journée de huit heures pendant tout le Ramadan sans payer d'heures supplémentaires, parce que « les horaires n'ont pas changé ».

L'amende : 22 salariés × 2 000 SAR = 44 000 SAR pour une seule infraction au point 41, avant toute réduction.

Heures supplémentaires dues : deux heures par jour sur environ 25 jours travaillés = 50 heures par salarié. Pour un salaire de base de 4 000 SAR sans indemnités :

DiviseurHeure supplémentairePar salariéPour les 22 salariés
24025,00 SAR1 250 SAR27 500 SAR
18033,33 SAR1 666,67 SAR36 667 SAR

Le total se situe entre 71 500 et 80 667 SAR, en supposant que l'établissement n'a pas aussi enfreint l'article 101. La réduction de 80 % prévue par la décision 93442 peut alléger l'amende si ses six conditions sont réunies, mais elle ne touche pas les salaires dus au travailleur.

Le Ramadan dans la paie et le système de protection des salaires

Les heures supplémentaires du Ramadan ne sont pas un calcul annexe. Quand un établissement verse des montants supplémentaires via Mudad sans relevé d'heures documenté derrière, ils apparaissent comme des écarts dans le système de protection des salaires, exactement comme un manque. Et l'établissement qui ne les verse pas du tout sort du Ramadan avec une infraction au point 41 et des dizaines de petites réclamations au dossier.

Ce qui l'évite, ce n'est pas un nouveau fichier Excel chaque Ramadan, mais trois réglages du système de pointage, faits une fois : un calendrier Ramadan plafonné à six heures pour les salariés musulmans, une pause obligatoire après cinq heures non comptée comme travail, et un diviseur écrit pour le salaire horaire. Les heures passent alors du badgeage à la paie puis au fichier de protection des salaires sans saisie manuelle.

Liste de contrôle avant le Ramadan

  • Vérifiez la norme de votre règlement intérieur (journalière ou hebdomadaire) : elle décide du début des heures supplémentaires.
  • Rédigez la politique du Ramadan : qui elle couvre (les salariés musulmans selon la loi, tous si vous le décidez), dates de début et de fin.
  • Refaites les plannings pour qu'aucune plage ne dépasse cinq heures consécutives, avec une pause d'une demi-heure hors temps de travail.
  • Choisissez le diviseur horaire du Ramadan (240 ou 180) et écrivez-le.
  • Si vous allongez les horaires avant l'Aïd, comptez ce qui reste des trente jours de l'article 106 et vérifiez le plafond de dix heures.
  • Repassez la paie du dernier Ramadan dans le calculateur : les septième et huitième heures ont-elles été payées ?

Ce que nous n'avons pas confirmé

  • Le texte des articles 98, 101, 102 et 106 provient du Code du travail publié sur le site du ministère des Ressources humaines (page mise à jour le 7 septembre 2025). Nous n'avons pas lu le texte du Bureau des experts, ni vérifié si les récents amendements du Code du travail ont modifié ces articles précisément.
  • La date du Ramadan 1448 est une estimation astronomique. Le début officiel dépend de l'observation du croissant, et l'annonce annuelle du ministère sur les horaires n'est pas encore parue.
  • Le diviseur horaire du Ramadan n'est pas fixé par la loi, et nous n'avons trouvé aucune décision qui le tranche. Nous avons exposé les deux lectures sans choisir.

Votre système de pointage sait-il que le Ramadan approche ? Nous passons en revue avec vous toute la chaîne du temps de travail, des plannings et des pauses au calcul des heures supplémentaires et au fichier de protection des salaires, pour repérer où l'infraction apparaîtra avant qu'un inspecteur ne la trouve. Réservez une séance de diagnostic gratuite.